Soumis par christiane le mer, 26/04/2017 - 21:06





















Choix et lecture de haïkus extraits de "Fragments de vie en trompe l'oeil"
à l'occasion du Printemps des Poètes 2018
sur Radio Laser par M. Félix Boulé chroniqueur littéraire
14 mars 2018
Interview sur France Bleu Elsass
par Pierre Nuss
dans l'émission "Le coup de projecteur de France Bleu Elsass"
19 juin 2017
Enregistrement de Fragments de vie en trompe l'oeil
Bibliothèque Sonore de Meaux et Seine-et-Marne
Serveur National des Bibliothèques Sonores de l'Association des Donneurs de Voix
28 Septembre 2017
Revue par Serge Tomé, 2017
Un bien beau recueil.
J'ai été impressionné par l'écriture. L'auteure est capable de traiter des sujets graves avec pudeur, efficacité. Elle sait poser juste le minimum de choses, l'essentiel, pour donner au discours un maximum de résonance en nous.
Elle produit aussi des images fortes, dont les liens plongent au profond de notre Imaginaire.
Mais son écriture ne se borne pas aux duretés de la vie. L'auteure a un regard amusé sur les choses du quotidien et sait noter efficacement les situations comiques.
Du point de vue technique, l'écriture est riche, basée sur les dynamiques du regard (oppositions, similitudes, mises en relation), les archétypes qui donnent de l'activité au haïku. L'auteure maîtrise l'ellipse et ne gaspille pas l'espace en précisions inutiles.
A noter que certains haïkus sont traduits en italien, anglais, allemand.
J'ai particulièrement bien aimé :
L'opposition intense nuit versus jour, la similitude entre la naissance et la renaissance de la Lumière au solstice d'hiver, l'efficacité du discours pour un sujet aussi grave.
dans ses ténèbres
elle m'a donné le jour ─
matin de décembre
On voit cela tous les jours/tout le jour. Mais ce haïku condense la naissance d'une Lumière, au propre comme au figuré. Un thème important pour l'auteure.
retrouvailles ─
les visages s'illuminent
derrière leur iPhone
Autre apparition de la Lumière dans ce haïku magique.
guirlandes scintillantes ─
un éclat de lumière dans les yeux
de ma mère aveugle
Un motif fréquent que le "mur" qui matérialise la séparation immimente. Il est cependant ici rehaussé par l'opposition chaud versus froid qui note la dureté de la situation.
La force de ce haïku réside aussi dans le fait qu'il y manque tout le contexte du discours.
Reste seulement l'essentiel. Cette absence, nécessaire par l'économie obligatoire de place, mime le vide des ces derniers moments avant la séparation.
sur la vitre gelée
je pose mes lèvres chaudes
─ départ imminent
Haïku d'atmosphère sur un sujet grave. Le chien qui hurle à la Mort est un cri primal. Le vent ajoute au caractère "sauvage" du moment.
funérailles ─
les hurlements du chien
accompagnent le vent
Un rare effet d'inversion de situation. Tout le monde a compris que c'est le ver qui bouge mais l'auteure crée la surprise en L3.
Il faut donc relire le haïku pour bien s'assurer de la situation. La même technique a aussi été utilisée dans un autre haïku.
premier coup de bêche ─
l'enfant se tortille
devant le ver de terre
Il n'y a pas que des haïkus graves. L'auteure porte aussi un regard amusé sur les choses. Le comique est au détour du chemin.
Du point de vue technique, il faut remarquer la dislocation qui consiste à préciser le sujet dans une proposition différente.
sourire en coin
il regarde le crocus ─
nain de jardin
Economie de moyens, efficacité du discours. Tout y est mais rien n'est dit de trop, ce qui laisse le lecteur libre de compléter avec son vécu.
jour anniversaire ─
dans les cheveux de ma fille
un parfum de femme
Regard amusé sur un sujet grave. Ce haïku est construit sur la juxtaposition rare des éléments dont le dernier mot donne tout le sens.
Il joue sur la double signification du point (braille et couleur) et est porté par l'archétype de la Vie malgré tout.
coccinelle ─
un point s'envole
de son livre braille
Magique. Regard d'enfant sur les choses. Ah!!!
marelle ─
j'ai manqué le ciel
de peu
Haïku d'atmosphère. Mais pas que. Il y a l'opposition chute versus montée, lumière versus obscurité. "Montante" me fait penser à la marée, je ne sais pourquoi.
Il y a de l'archétype de la Mort dans cette Nuit qui emporte le reliquant de Vie dans le chant du rossignol.
chute du jour ─
la lune montante emporte
le chant du rossignol
Un autre regard amusé sur les choses.
canicule ─
l'église avale
les fidèles
Economie du discours, efficacité. Intensité de l'image qui se lie au profond de notre Imaginaire.
La mention de la lune se réfère peut-être au concept la sphère des amants de Platon (Le Banquet), un concept de totalité.
un peu de toi
un peu de moi ─
pleine lune
Tout simplement magique par la profondeur des images.
au coeur du verger
la lune pourpre vagabonde
de pomme en pomme
Haiku - tempslibres - Présentation de livre ...
Par Jean Antonini
C'est le premier recueil de l'auteure, nous dit la 4° de couverture et, semble-t'il, le premier titre d'une nouvelle collection aux éditions unicité : KIGOUPA, dirigée par Valérie Rivoallon, et dédiée aux écrits d'inspiration japonaise. La 4° de couverture nous indique aussi que l'auteure fut "dès sa naissance, les yeux de ses parents aveugles".
Le recueil s'ouvre sur ce poème :
dans ses ténèbres
elle m'a donné le jour ─
matin de décembre
ou encore page 30, ce haïku mystérieux :
obscurité ─
plus je l'aperçois
moins je la vois
Les textes sont présentés par saisons, entrecoupés des aquarelles colorées de Patrick Abramovsky.
neige de printemps ─
je contemple ma fille
sur l'échographie
Certains poèmes sont donnés en italien, anglais et allemand.
under the cherry tree
falling asleep near you ─
spring ashes
Tous les poèmes font preuve d'une délicate attention à l'autre, à soi.
jardin secret ─
à petits pas j'entre
dans ton coeur
En préface, Daniel Py conseille de savourer ces trésors qui ne sont pas en trompe-l'oeil.
GONG N° 56 Juillet-Septembre 2017 — page 40
AFH - Association Francophone de Haïku
Voici le recueil de Christiane Ranieri, intitulé "Fragments de vie en trompe l'œil " aux Editions Unicité. Ses haïkus nous parlent d'une vie toute simple mais riche d'émotions.
Le recueil s'ouvre sur :
dans ses ténèbres
elle m'a donné le jour ─
matin de décembre
et se referme avec :
lettre braille ─
plus beau que mes jours
le royaume de sa nuit
Christiane nous entraîne dans la froidure de l'hiver alsacien:
Noël blanc ─
nos cœurs d'enfants
ne cessent d'y croire
Son écriture est riche de plusieurs langues, elle écrit en anglais, en italien et en allemand.
Elle parsème le texte de petites pointes d'humour :
1er jour de l'an ─
la tête dans le cul
du chasse-neige
Et de souvenirs de voyage :
Paris Saïgon ─
je cale mes rêves
entre deux ailes
Encore plein de découvertes au fil des pages ....bonne lecture!
Christiane Ourliac
23/03/2017
Un magnifique recueil qui m'a profondément touchée.
Belle humanité, en effet- Que de finesses, de profondeur, de sensibilité, de lumière!
Les illustrations aussi sont magnifiques, pleines de douceur. Et j'aime profondément ce bouquet de langues...
Ce qui fait le poète, c'est son regard,et le bien fait du bien.
Je te souhaite toute la reconnaissance que tu mérites. Le monde a besoin de poètes!
Coralie Creuzet
05/04/2017
Rentrer dans « Fragments de vie en trompe l’œil » de Christiane RANIERI (éditions Unicité-KIGOUPA Collection ; préface de Daniel Py ; illustrations de Patrick Abramosky) c’est entrouvrir une porte sur un monde riche d’émotions, de contrastes d’ombre et de lumière, de silences, de complicité avec la nature, de solitude….
et voir comment les mots de C.Ranieri rendent tout cela délicatement présent, émouvant et comment petit à petit elle nous laisse nous approcher de son univers très personnel entre noir et blanc, nuit et jour, entre ses parents aimés et elle et tout son environnement.
Quelques extraits parmi bien d’autres qui m’ont beaucoup touchée
ces deux tercets où elle met en miroir ses parents atteints de cécité :
couleurs du printemps
dans le jardin de mon père
le silence des fleurs
et
une à une s’ouvrent
les fleurs du printemps ─
le sourire de ma mère
parfois elle parle d’elle :
par monts et par vaux
en quête de lumière
enfant de la nuit
et de sa communion avec la nature :
battements d’ailes ─
dans son vol le cygne
emporte mon souffle
et de son spleen :
envie de rien ─
au murmure de l’eau
je me laisse endormir
infinie solitude ─
je photographie mon ombre
nous voilà deux
et des mots sur les maux :
carnet intime ─
des pensées sauvages
en marque-page
Doucement j’ai refermé le livre sur ce portrait en « trompe-l’œil » d’une femme sensible, forte et fragile, chaleureuse, qui par sa plume délicatement efficace se laisse approcher avec grâce.
Monique Junchat
21/06/2017
Magnifique première rencontre avec Christiane Ranieri chez elle ,là où sont nés une bonne partie des très beaux haïkus de "FRAGMENTS DE VIE en trompe l'oeil -à acquérir absolument !
J'en ai choisi deux qui évoquent le lieu :
pissenlits ─
les tortues se font
la courte échelle
revenue
d'un long voyage ─
sieste sous le noyer
Elle m'a présenté ses tortues toujours aussi actives et nous avons mangé sous le noyer historique
la haïjin si simple
si riche dans le coeur
et dans la tête
Jean-Paul Gallmann
26/06/2017
Fier de recevoir ces dernières semaines 2 magnifiques recueils de haïkus de deux grandes poétesses et haikistes :
Il s’agit du recueil de la française Christiane Ranieri intitulé « Fragments de vie en trompe l’œil » (envoyé par mon amie Li Lou) et de celui de la belge d’origine roumaine Iocasta Huppen dont le recueil est intitulé « Le livre zen des saisons ».
Merci pour vos belles plumes. Merci pour la beauté des expressions, pour ces instants captés et merveilleusement peints de simplicité et profondeur…
J’ai essayé quand même de crayonner une modeste présentation pour chaque recueil.
Ce recueil de haïkus Fragments de vie en trompe l’œil (éditions, Unicité 2017) de Christiane Haen-Ranieri caresse avec ses magnifiques écrits qui nous laissent plonger dans la sphère du beau sans évidemment briser la force esthétique du haïku.
L’écrivaine s’est engagée sur la voie du haïku qu’elle exprime sans relâche.
Elle brise la continuité et adopte la légèreté de l’expression.
Nous nous trouvons donc devant une œuvre libre, d’une singularité particulière.
Les haïkus marquent non seulement une formidable symbiose entre le spontané et le réflexif
zone sans Wi-Fi ─
un bref instant connectés
nos regards
Mais également une belle harmonie entre le sensible et l’intelligible, entre le passé (nostalgique) et le présent
visite à ma mère ─
j’ouvre une à une les fenêtres
sur mon enfance
Christiane Ranieri, très sensible aux différences culturelles,
poursuit une méditation ininterrompue sur la nature et aussi sur tout ce qui entoure l’être humain
immobiles
héron et photographe
guettent leur objectif
A travers ses écrits fragmentaires, l’écrivaine nous donne un rendez-vous infini et silencieux avec ses instants précieux où tout est histoire de présence, de contemplation, d’humanisme, de regard et de captivité
entre deux nuages
un fragment de vie
en trompe l’œil
un peu de toi
un peu de moi ─
pleine lune
retrouvailles ─
les visages s’illuminent
derrière leur IPhone
Devant ces haïkus cités ci-dessus, on ne peut que rester admiratifs, appréciatifs…
La poétesse arrive bellement à sonder des flashs, majestueusement à immortaliser des moments de la vie de tous les jours.
Fragments de vie en trompe l’œil,
un recueil à lire et à relire.
Abderrahim Bensaïd
Sidi Kacem – Maroc
21/8/2017
"Fragments de vie en trompe l'oeil" / haïkus et senryûs / Editions Unicité :
J'ai beaucoup aimé cette incursion dans le monde poétique de Christiane Haen-Ranieri.
Un univers sensible et d'une simplicité qui fait mouche à tous coups.
Un univers d'amour, de tendresse, d'humour aussi. Un univers où même l'ombre est lumière.
Quelques extraits pour une mise en bouche :
dans ses ténèbres
elle m'a donné le jour ─
matin de décembre
*
bourrasque de vent ─
le Père Noël du voisin
grimpe à ma fenêtre
*
visite à ma mère ─
dans le couloir m'attendent
mes pantoufles
*
sa canne blanche court
à petits pas sur les dalles ─
chasse à la souris
*
jardin en friches ─
la poule picore
mes chaussettes à fleurs
*
pieds nus
effleurer les nuages
de flaque en flaque
*
un peu de toi
un peu de moi ─
pleine lune
*
clair de lune ─
serrés l'un contre l'autre
nos silences
23/08/2017
J'ai lu "Fragments de vie"...
Livre agréable, même si je déplore toujours le haïku unique par page.
Il y a des textes qui m'ont beaucoup plu comme :
retour de vacances ─
j'épluche une mangue
et une mangue
déménagement ─
des photos de famille elle garde
celle du chien guide
coccinelle ─
un point s'envole
de son livre braille
serrés l'un contre l'autre
Ils offrent un nouveau regard sur des faits déjà tellement vus en haïkus.
Amicalement,
20/10/2017
Fragments de vie en trompe l'œil de Christiane Ranieri
Après avoir participé à plusieurs anthologies de haïkus, Christiane Haen-Ranieri signe ici son premier recueil en solo.
Agrémenté par les douces aquarelles de Patrick Abramovsky, ce livre est un petit bijou.
Beaucoup de délicatesse pour évoquer la mère aveugle, de chaleur pour parler de son Alsace natale (le givre, les sapins, les marchés de Noël, le vin chaud, les aigles...), d’humour léger pour dédramatiser les petits tracas quotidiens (les virus attrapés, les pics de pollution, les chasse-neige qui se renversent...), d’attention aux autres (un parfum de femme dans les cheveux de sa fille, des éclats de lumière dans les yeux de sa mère, des baisers derrière des rideaux tirés).
On ressort de cette lecture tout rafraîchi et renforcé dans l’envie de s’émerveiller au quotidien.
27/10/2017
J’ai beaucoup aimé le choix de verbes résolument actifs, les associations d’idées originales dans un même poème ; j’ai apprécié la vingtaine de poèmes écrits en trois autres langues que le français, les illustrations de P. Abramovsky toutes en délicatesse.
Une curieuse impression faisait son chemin en moi, lectrice : il me semblait que les mots choisis pour former les poèmes dégagent une douceur lumineuse et que celle-ci colore toute la lecture du recueil. Mon impression globale :
votre recueil est composé de fragments de rayons de soleil dans un ciel teinté de bleu.
Félicitations.
Janick Belleau
Grand-Montréal, Québec
24/12/2017
à petits pas j'entre
la poule picore
17/06/2018
